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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 20:08

Térence Bongo Nguema, Chef de Service recrutement et Intégration chez Société d'Energie et d'Eau du Gabon (SEEG filiale de Véolia)

Térence a poursuivi ses études supérieures en France avant de prendre un poste au Gabon. Il ne découvre pas véritablement le pays, dont il est originaire, néanmoins il constate les différences d’approche entre le management des ressources humaines tel qu’il l’a connu en Europe et les modes opératoires propres au Gabon.

Dans quelles circonstances avez-vous été amené à changer de pays ?

J’ai changé de pays tout simplement parce que je voulais rentrer dans mon pays d’origine pour remettre des choses en ordre dans un cadre privé avant de repartir vers une expérience internationale.

Comment avez-vous trouvé votre emploi dans votre pays d’accueil ?

J’ai déposé une candidature spontanée et j’ai intégré un processus de recrutement classique. Ce processus comprenait des tests psychotechniques et des entretiens, l’étape suivante étant une commission de sélection qui m’a choisi.

Quelles différences avez-vous constaté dans la manière dont les RH sont traitées en France et dans votre pays d’accueil ? Quels points communs ?

Le Gabon est un pays de culture francophone, on peut donc y retrouver des pratiques françaises… mais souvent avec un certain décalage dans le temps. Ce retard s’explique selon moi par un faible nombre de vrais professionnels RH. A titre d’exemple, nous sommes 28 salariés à la DRH et seulement 3 spécialistes RH. Mes autres collègues sont des ingénieurs, des statisticiens, des psychologues, des comptables pour la paie et des juristes pour la règlementation.

Pour l’instant, le focus est surtout sur l’administration du personnel. Je me bats depuis que je suis embauché pour que l’on travaille sur l’anticipation des besoins en RH. Un nouveau DRH vient d’arriver et il s’appuie sur moi pour mettre en place un plan de recrutement sur les 3 prochaines années et contribuer à dégager une stratégie RH pour les années à venir. Nous savons que la mémoire grise de l’entreprise part à la retraite dans 2 ans, et nous n’avons pas encore mis en place de plan de tutorat pour sauvegarder nos compétences critiques aussi bien en nombre qu’en qualité.

Le fait d’être ressortissant étranger constitue-t-il un atout ou un handicap dans votre entreprise ?

La grande majorité des étrangers que nous avons à la SEEG sont Français. Ils occupent en général des postes de Direction ou de responsabilité et ils ne sont pas toujours bien vus par les nationaux. Ils ne restent pas plus de 2 ans en général, donc ils ne font que passer alors que les nationaux eux restent plus longtemps.

Comment la fonction RH est-elle reconnue dans votre pays d’accueil ? Existe-t-il par exemple des formations ou certifications dédiées à la fonction RH ? Votre formation en France a-t-elle été bien reconnue ?

Il n’y a pas vraiment de certifications RH sur le plan national. Les professionnels de la fonction se font former à l’extérieur (France, Cameroun etc.). Ma formation initiale en France est plutôt bien perçue, mais ne constitue pas un avantage décisif. Aujourd’hui si l’on m’écoute, c’est surtout du fait de mon aptitude à avoir mené des projets en parallèle de mes prérogatives initiales. J’ai par exemple participé à la négociation et la mise en place de partenariats avec des établissements pour la formation et le recrutement dans nos métiers de base, la prise en charge par l’Etat à 40% de nos frais de formations sur les nouveaux embauchés dans nos métiers de base, ce qui représente aujourd’hui près de 65% de nos recrutements externes.

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Published by MasterMIRH - dans Fonction RH
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