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Droit

Jeudi 18 décembre 2008
Juridiquement une discrimination se définit comme «le traitement inégal et défavorable appliqué à certaines personnes en raison notamment, de leur origine, de leur nom, de leur sexe, de leur apparence physique ou de leur appartenance à un mouvement philosophique, syndical ou politique».

Le marché du travail est le principal secteur touché par les discriminations en France. Dans la grande majorité des cas, c’est en raison de leur appartenance ethnique ou de leur sexe que les travailleurs subissent une situation de discrimination dite « économique ». Ce terme se réfère « aux différences d’opportunités économiques et de rémunération entre des individus ayant des capacités identiques en terme de productivité ». C’est pourquoi l’Etat français tente par différents moyens de pousser les entreprises à faciliter l’intégration des minorités, notamment par le biais de la législation avec la loi n° 2001-1066 du 16 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations, et plus concrètement sur le marché de l’emploi avec la loi Borloo du 18 janvier 2005 sur la cohésion sociale.

Au niveau Européen, la directive de juin 2000 relative à l’application du principe d’égalité de traitement des personnes sans distinction de race ou d’origine ethnique oblige toutes les Etats membres de l’Union Européenne à mettre en place des organismes nationaux de promotion de l’égalité de traitement. Leur rôle est tout d’abord d’apporter de l’aide aux victimes de discrimination, de réaliser des enquêtes et des études, et pour finir de publier un rapport en proposant leurs recommandations. En France, l’organisme créé par le gouvernement pour lutter contre les discriminations est la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE). C’est une autorité administrative indépendante créée par la loi du 30 décembre 2004 et composée de 11 membres. Tout d’abord, la HALDE aide les victimes de discrimination en les conseillant et en les soutenant dans leurs démarches juridiques et les aide également à établir la preuve de l’acte discriminant lorsque cela s’avère nécessaire. D’autre part, elle doit identifier, analyser et promouvoir les pratiques visant à faire progresser l’égalité afin de les diffuser dans les entreprises. Pour finir, elle émet des opinions et des recommandations au gouvernement français dans un rapport annuel remis au président de la République et au Premier Ministre. Les discriminations répertoriées par la HALDE pour cause d’origine ethnique représentent plus de 35% des plaintes, viennent ensuite les maladies et les déficiences (20%), puis les discriminations en raison de l’âge (6%), du genre (5%), et pour finir l’activité syndicale (4%).

Le marché de l’emploi représente 43% des réclamations enregistrées, aussi bien dans le secteur public que le secteur privé. Les représentants de la HALDE déclarent que « l’analyse des discriminations sur le marché du travail démontre que malgré les différences entre le secteur public et le secteur privé, les motifs et les pratiques discriminantes restent similaires ». De plus, les discriminations relatives à l’emploi ne se produisent pas seulement lors du processus de recrutement. En effet, les inégalités de traitement au cours de la carrière professionnelle représentaient plus de 30% des réclamations en 2006. Au total, le nombre de plaintes enregistrées par la HALDE ne cesse d’augmenter, ce qui peut vouloir dire que la situation se détériore ou, d’un point de vue plus positif, que les travailleurs discriminés tentent enfin de faire valoir leurs droits.

Sophie Rosset

SOURCES :
- ALBANEL Christine, BEBEAR Claude, BEREAU Amiral Alain, « Pour une société de la nouvelle chance », 2005. Paris : Edit. La documentation française. 
- Le dictionnaire juridique : http://www.dictionnaire-juridique.com/definition/discrimination.php (Consulté le 10 novembre 2008) 
- Présentation de la HALDE : http://www.halde.fr/Presentation.html (Consulté le 9 novembre 2008) 
- Journal officiel des Communautés européennes : http://ec.europa.eu/employment_social/fundamental_rights/pdf/legisln/2000_78_fr.pdf (Consulté le 8 novembre 2008)
Par Sophie Rosset
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Jeudi 16 juillet 2009

Qu’est-ce qu’une clause de mobilité ? Il s’agit d’une clause selon laquelle le salarié s’engage à accepter une modification de son lieu de travail ou de ses tâches.

Intérêt de la clause

Si le contrat de travail ne mentionne pas de clause de mobilité, le changement de « secteur géographique » est une modification du contrat, donc nécessite la signature d'un avenant au contrat.

L'introduction d'une clause de mobilité dans le contrat de travail permet d'éviter cette difficulté. En effet, elle permet à l'employeur de modifier le lieu de travail du salarié sans avoir à recueillir l’accord préalable du salarié, celui-ci l’ayant donné par avance lors de la conclusion du contrat de travail.

 

S'il a signé une clause de mobilité, le refus de mutation par le salarié, sans raison légitime, constitue une faute grave et justifie un licenciement.

Validité de la clause

Pour être valable, une clause de mobilité doit :

-    Définir de façon précise sa zone géographique d’application. (Cassation, arrêt du 7 juin 2006). L'employeur ne peut pas décider unilatéralement d'étendre la zone géographique concernée par la clause de mobilité contractuelle.

-    Etre limitée dans le temps.

-    La clause doit respecter également le principe de proportionnalité au but recherché. En effet, le libre choix du domicile personnel et familial est un droit fondamental (l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme), et  une restriction à cette liberté par l'employeur n'est valable qu'à la condition d'être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise et d'être proportionnée au but recherché.

 

La clause de mobilité est également valable si :

-   elle est inscrite dans la convention collective de façon claire et précise quant à la zone géographique,

-   et si le salarié à pris connaissance de l’existence de la convention collective lors de son embauche.

 

Dans ce cas la clause n’a pas besoin d’être précisée dans le contrat du travail.

Le secteur géographique

La notion de secteur géographique n'est pas définie précisément. Cependant, le secteur géographique doit être évalué de la même manière pour tous les salariés, indépendamment de leurs situations individuelles.

Le secteur géographique est évalué en fonction de la dernière affectation du salarié.

Si le salarié est muté hors de la zone géographique, l'employeur doit demander l'accord du salarié, car il s'agit d'une modification du contrat de travail. En cas de refus du salarié, l'employeur renonce à la mutation ou engage la procédure de licenciement, mais sans cause réelle et sérieuse.

 Mise en œuvre de la clause

La clause de mobilité doit être mise en œuvre loyalement. La mutation doit être motivée par l'intérêt de l'entreprise, et ne peut pas être utilisée pour sanctionner un salarié. La clause de mobilité ne peut pas imposer à un  salarié de partager son temps de travail entre deux établissements.

La bonne foi de l’employeur est présumée et donc il appartient au salarié de démontrer l’utilisation abusive de la clause. Pour vérifier la bonne foi de l'employeur, les juges pourront vérifier la situation extraprofessionnelle du salarié lors de la mutation.

 

L'employeur est tenu de respecter un certain délai de prévenance, la mutation ne peut pas intervenir brutalement. Le délai n'est pas précisé mais 8 jours ont suffit dans certains cas.  (cass. soc. 18 septembre 2002, n° 99-46136, BC V n°273). A défaut de délai de prévenance, la mutation est un abus de droit et le salarié peut la refuser.

Ses limites

La mise en œuvre d’une clause de mobilité nécessitera dans certains cas l’accord préalable du salarié. Par exemple, dans le cas du travailleur à domicile, même en présence d'une clause de mobilité, l’employeur devra avoir l’accord préalable du travailleur à domicile pour fixer désormais son lieu de travail dans les locaux de  l’entreprise.

Par Mélanie DELBECQ, Emeline GENOT, Jana NOVAKOVA
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