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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:02

Le réseau social sur internet LinkedIn a fait une entrée remarquée à la bourse de New York en mai dernier, la valeur de son titre ayant plus que doublé dans la journée d’introduction (109%), signe de l’intérêt que les investisseurs portent à cet outil rassemblant plus de 100 millions de professionnels dans le monde. Mais que peuvent réellement attendre les utilisateurs de ces réseaux professionnels dits « 2.0 »[1] ?

 

Que proposent les plateformes de réseau professionnel sur internet ?

Depuis 2003, les réseaux sociaux professionnels sur Internet, tels que l’américain LinkedIn, l’allemand Xing ou encore le français Viadeo, nous invitent à garder le contact avec des professionnels rencontrés « dans le monde réel » ou à les retrouver, mais aussi à entrer en relation avec de nouvelles personnes rencontrées sur Internet afin d’échanger des idées et des informations, ou encore de bénéficier de conseils d’experts.

On trouve sur ces réseaux professionnels trois grands types d’acteurs :

- les professionnels souhaitant mettre en place une stratégie de réseau,
- les prestataires de service prospectant des clients potentiels,
- les recruteurs, en particulier ceux des cabinets, à la recherche de collaborateurs potentiels.

 

Quelles sont les fonctionnalités proposées ?

Lorsque l’on s’inscrit sur un de ces outils, la première étape consiste à fournir des informations sur soi, son parcours éducatif et professionnel. Ainsi ces plateformes en ligne constituent en premier lieu de véritables CVthèques, toujours enrichies et mises à jour par leurs membres.

Ensuite, les plateformes se sont mises petit à petit à offrir des services comparables :

- recherche de membre, par mot clef, par fonction, par entreprise, etc.
- espaces de discussion, par centre d’intérêt ou par groupe de personnes, par exemple d’étudiants d’une même école ou de salariés d’une même entreprise,
- dépôt d’annonces, en particulier d’emploi,
- application pour l’Internet mobile (smartphone).

 

Si l’accès à ces plateformes est totalement libre et gratuit, de nombreuses fonctionnalités demeurent toutefois bridées ou inaccessibles si l’on ne s’acquitte pas d’un abonnement : identification des personnes ayant visualisé son profil, outils affinés de recherche de membres, certaines mises en relation ou services de messagerie interne… Néanmoins, il semble que la grande majorité des membres se satisfasse de l’accès gratuit : à titre d’exemple, le taux d’utilisateurs souscrivant un abonnement payant affiché par Xing atteint à peine 7% des utilisateurs totaux[2].

Par ailleurs, il existe des offres promotionnelles permettant de bénéficier temporairement de l’ensemble des fonctionnalités, par exemple sur Viadeo en invitant un nombre déterminé de nouveaux membres.

 

Ces plateformes tiennent-elles leurs promesses ?

Il convient tout d’abord de rappeler qu’il ne s’agit que d’outils : par conséquent, ce sont les utilisateurs, adhérents à la plateforme, qui la font vivre.

Pour beaucoup d’adhérents, la plateforme constitue en premier lieu un outil de mise en relation entre des professionnels « à l’écoute du marché de l’emploi » et des recruteurs qui trouvent là une CVthèque actualisée en permanence[3]. Cette tendance tend à se développer même si l’impact réel sur les activités de recrutement est à relativiser : selon le baromètre Sourcing 2011 de l’APEC[4], seuls 2 % des recrutements de cadre ont été réalisés via un réseau social en ligne, loin derrière la réponse à une offre d’emploi (54 %) ou le réseau « réel » du recruteur (14 %).

Enfin, les plateformes virtuelles constituent un excellent moyen de conserver le contact avec son réseau « réel ». Mais est-ce que cela va au-delà du simple carnet d’adresse ? Cela dépend essentiellement des utilisateurs et de leur capacité à intégrer ces outils dans leur vie professionnelle et leurs stratégies de réseau.

 

Quelle plateforme de réseau professionnel choisir ?

Dans le cadre de cet article, nous avons exploré trois grands réseaux sociaux professionnels en ligne. Comme évoqué précédemment, les fonctionnalités offertes par ces plateformes sont progressivement devenues comparables.

Les différences qui subsistent entre elles sont donc avant tout liées :

- au « centre de gravité » culturel des membres,
- aux langues disponibles, en particulier pour la constitution d’un réseau international,
- aux fonctionnalités offertes gratuitement,
- au coût, le cas échéant, de l’abonnement au service payant.

Si l’américain LinkedIn, avec ses 100 millions d’utilisateurs dans le monde est clairement le poids lourd du secteur, il ne compte qu’environ un million de membres en France, où Viadeo prédomine largement avec 4,5 millions de membres. Quant à Xing, bien qu’ayant adopté dès le départ une stratégie d’internationalisation en proposant dès sa création une interface en de nombreuses langues, son ambition n’est pour le moment pas réalisée et la moitié de ses 10 millions d’adhérents reste germanophone  (ressortissants d’Allemagne, Suisse et Autriche).

Pour ce qui concerne les fonctionnalités gratuites, le point de vue est forcément dépendant de celles auxquelles on a recours. On peut noter que LinkedIn semble un peu moins bridé que ses concurrents pour ce qui concerne par exemple le moteur de recherche de membres sur le réseau. Par contre, si on souhaite bénéficier de l’intégralité des services, LinkedIn est le plus cher des réseaux sociaux, loin devant Viadeo ou Xing, ce dernier offrant le meilleur rapport entre la durée et le coût de l’abonnement.

 

Récapitulatif des différents réseaux sociaux professionnels sur Internet consultés

 

www.viadeo.com

www.linkedin.com

www.xing.com

Pays d'origine

France

Etats-Unis

Allemagne

Adhérents

35 millions

> 100 millions

> 10 millions

Langues disponibles

anglais, français, allemand, italien, portugais et espagnol

anglais, français, allemand, italien, portugais et espagnol

anglais, français, allemand, italien, portugais, espagnol turc, néerlandais, suédois, finlandais, russe, polonais, hongrois, mandarin, japonais, coréen

 Services accessibles gratuitement

-

+

-

Coût de l'abonnement

4,95 €  à 7,95 € / mois en fonction de la durée d'abonnement

24,95 USD, 49,95 USD ou 99,95 USD / mois en fonction du pack

4,85 € à 5,55 € en fonction de la durée d'abonnement

 

Le Master MIRH est présent sur Viadeo

Les anciens du Master MIRH se réunissent dans le cadre d’un « hub privé » sur Viadeo afin de partager leurs expériences, bonnes pratiques et opportunités professionnelles : pour les anciens qui souhaitent y accéder, il suffit de se rapprocher des organisateurs du hub Jean-Michel Lebec et Marie Gorgeon, ou de n’importe quel ancien déjà adhérent du hub et de solliciter une invitation.

 

Nicolas Mundschau est issu de la promotion 2001/2002 du Master de Management International des Ressources Humaines de l’Université d’Angers. Son parcours dans la fonction RH lui a permis d'occuper différentes fonctions dans le domaine du recrutement, de la mobilité internationale, des relations sociales, de la gestion de projet ou encore en tant que généraliste. Nicolas Mundschau enseigne depuis plusieurs années dans le cadre du Master 2 MIRH. 



[1] Considéré ici comme une nouvelle génération d’interfaces internet plus interactives et plus accessibles aux non-initiés apparues au début des années 2000

[3] Sur Viadeo, par exemple, si 95% des adhérents sont en poste, 54% des membres utilisent la plateforme pour identifier de nouvelles opportunités professionnelles et 15% pour rechercher de nouveaux collaborateurs, kit media du site Corporate de Viadeo, décembre 2010 : http://corporate.viadeo.com/fr/medias/kit-media.html

 

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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 11:06

Il y a un an, je partais pour l’Allemagne dans le cadre d’un programme de formation prévoyant une mission de 8 mois à l’étranger. Huit mois c’est relativement court, mais cela permet de noter les différences ou ressemblances entre modes de fonctionnements nationaux.

 
Au moment de mon départ, j’appréhendais un manque de maîtrise du vocabulaire spécifique RH en allemand. Or, j’ai pu constater que, de la même façon qu’en France, beaucoup de mots étaient dérivés ou directement importés de l’anglais (« sourcing », « assessment centers », « junior / senior high pot’ », « trainee »…).
 
Une fois de retour en France, j’ai démarré une nouvelle mission à la Direction Financière de mon entreprise. Bien que retournant à mon « port d’attache » pour travailler dans ma langue maternelle, j’ai rencontré plus de difficultés à appréhender le vocabulaire et le mode de fonctionnement des contrôleurs de gestion que je ne l’imaginais. Faisant notamment le lien entre la DRH et la Direction Financière pour l’établissement et le suivi du budget, je pose une question sur le suivi de nos dépenses de recrutement :
-         « Tu veux parler de la CI 123092 ? » me demande la contrôleuse de gestion, comme si je connaissais les comptes d’imputations par sigles ou numéros sur le bout des doigts.
-         « Heu, ce qui m’intéresse c’est de savoir combien on a dépensé sur l’exercice fiscal et de le comparer avec le budget… ».
De la même manière que lorsque l’un parle « recrutement » l’autre répond « CI 123092 », lorsque l’un suit « la première ligne de la commande 665599 au fournisseur Y », l’autre suit « le poste de directeur export ».
 
Le signe utilisé pour la communication est fortement contextuel : la culture nationale, la fonction, l’entreprise forgent un système dans lequel il semble naturel d’attribuer un sens à un signe particulier. Dans mon exemple, le contexte propre à la fonction RH est plus fort que le contexte national. De plus, les frontières linguistiques sont bousculées par l’utilisation d’un vocabulaire propre à la fonction.
 
Ce mois-ci en visitant un site de production en Alsace, mes collègues et moi furent surpris de voir des instructions rédigées en allemand sur les postes de travail. Par ailleurs, l’usine fonctionnant en 3x8 met à disposition des équipes des panneaux sur lesquels les équipes pouvaient se laisser des instructions ou des informations. Ces messages étaient un mélange de français et d’allemand : « Ne pas oublier les Feldmeldungen ». Là encore, le langage propre au métier ou à la technique abolit une frontière linguistique.
 
L’utilisation d’un vocabulaire spécifique peut rendre plus rapide la communication au sein du groupe qui le maîtrise. Elle érige également des barrières ou des filtres entre communautés, dont la prise de conscience permet d’anticiper les incompréhensions et les risques liés à l’interprétation.
 
Prendre en compte cet état de fait pour rendre son propos accessible à une communauté plus large est un exercice plus compliqué qu’il n’y paraît. Il s’agit pourtant d’une condition essentielle à la réussite de nos activités professionnelles lorsqu’elles impliquent la communication entre équipes, entre anciens et nouveaux, par delà les cultures fonctionnelles, organisationnelles ou nationales. Dans des organisations complexes, la compréhension et la maîtrise de la communication représentent une véritable valeur ajoutée pour celui qui sait les développer. Ces personnes rendent au mot « communication » son sens étymologique : mettre en commun.


Nicolas Mundschau est issu de la promotion 2001/2002 du Master de Management International des Ressources Humaines de l’Université d’Angers. Après avoir occupé un poste de Responsable de la Mobilité Internationale et participé à un programme de développement de carrière de deux ans entre la France et l’Allemagne, il est actuellement Responsable RH en France. Il enseigne également depuis plusieurs années dans le cadre du Master 2 MIRH.

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